«Le salut est un geste simple comme un regard»
Une sélection de textes tirés de livres et d’interviews

Jésus, Joseph et Marie,
détail du Repos pendant la fuite en Égypte, Bartolomé Esteban Murillo (1618-1682), Musée Pouchkine, Moscou
L’attrattiva Gesù, Rizzoli, Milan 1999, pp. 95-96
«Nous devons donc avant tout désirer que cette mémoire se réalise de plus en plus: “Quiconque a cette espérance se rend pur comme Celui-là est pur”. Désirons cela. Et le oui de Simon, qui est générique, est général, il s’empare de la totalité de sa personne dans son expression, même là où toutes ses expressions pouvaient être contradictoires. On peut toujours se tromper: saint Pierre pouvait toujours se tromper tout en étant vrai lorsqu’il disait: “Oui, je T’aime”. C’est si vrai que nous avons commenté: “Je ne sais pas comment cela arrive, mais je T’aime”. C’est alors que surgirait en nous l’objection: “Mais tu t’es trompé si souvent, tu te tromperas encore”. “Je ne sais rien. Je sais que je l’aime”. C’est à ce niveau que notre vie doit se fixer, à quelque chose d’apparemment générique comme l’est, de manière réaliste, le rapport avec le Dieu fait homme, avec cet homme-Dieu, quand on le voit sur la barque qui est sur le point de sombrer dans la nuit, sur le lac; quand on le voit s’arrêter devant l’arbre sur lequel Zachée est perché; quand on le voit regarder la femme dans les yeux et dire: “Moi non plus je ne te condamne pas. Va, et ne pèche plus”».
Si può (veramente?!) vivere così?, Rizzoli, Milan, p. 431
«“Oui, Seigneur, Tu sais que tu es l’objet de ma suprême sympathie, de mon estime suprême”: ainsi naît la moralité. Et pourtant, cette expression est très générique: “Oui, je T’aime”; mais elle est aussi générique que génératrice d’une diversité de vie recherchée. “Quiconque a cette espérance se rend pur comme Celui-là est pur”».
«Simone, mi ami tu?» in Tracce, n. 10, novembre 1998
«Par conséquent, dis “Je T’offre” et ne te soucie de rien d’autre. Mais tu sais bien ce que veux dire Te, ce Toi qui est dans le Te, tu sais qui Il est. Saint Pierre savait qui Il était, mais sa manière de percevoir l’amour était générique: la manière par laquelle il affirmait qu’il L’aimait était générique. Il y a une manière générique qui inclut tout comme horizon impliquant tout, et il peut y avoir une manière générique qui suppose tout ce qui est dedans parce qu’elle ne le sait pas, mais l’affirme (quand la maman dit à l’enfant: “petit Jacques, tu m’aimes?”; et lui: “Oui, maman”, en lui envoyant un baiser!)».
L’attrattiva Gesù, op. cit., p. 133
«C’est le oui de Simon. Le oui de Simon est l’aspect le plus totalisant: il n’a pas de bords. Il a seulement un horizon où surgit toujours, où est sur le point de surgir, le soleil. C’est la plus tendre expression que l’homme puisse concevoir. C’est la forme la plus forte par laquelle s’impose et s’avoue notre nécessité de reconnaître l’amour qui nous touche. Je vous souhaiterais de pouvoir méditer cela, en pensant à la situation de toutes les existences que vous connaissez: toutes les existences que vous connaissez consentent à dire “oui” exclusivement devant la tendresse suscitée par une force amoureuse qui si propose au cœur du moi. C’est justement “un presque rien” qui est la condition pour commencer à comprendre tout».
L’attrattiva Gesù, op. cit., p. 116
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